http://teleobs.nouvelobs.com/




3D ou cinéma dynamique : on pensait avoir tout vu mais la réalité virtuelle et sa vision immersive bouleversent l’expérience des spectateurs, avec des sensations inédites. Le marché du film s’emballe.

Le futur commence aujourd’hui et il change tout. Il y a deux mois, le premier cinéma sans écran a ouvert à Amsterdam, un autre a suivi à Berlin. D’autres sont annoncés à Londres, Madrid, Paris. Ce cinéma est celui de la réalité virtuelle : il se regarde avec un masque avec écran intégré, un casque audio sur les oreilles.

La réalité virtuelle est un autre monde. On a testé : c’est bluffant et impressionnant. Plus rien n’existe et le spectateur est au cœur de l’image, tout autour de lui, à 360 degrés. Le son est spatialisé. D’un mouvement de tête, on se promène dans l’espace du film, à droite, à gauche, en haut, en bas. Dans les cinémas de ce nouveau type, les fauteuils mobiles accompagnent les déplacements. Totalement immersive, l’expérience fait perdre pied avec le réel. On n’est plus au cinéma, mais dans le film même, à l’intérieur, avec les personnages.

« Un effet de sidération »

Au festival de Cannes, Next, le pavillon du marché du film dédié au cinéma du futur n’a parlé que de réalité virtuelle, ou presque. Sur ce pavillon qui réunit entreprises innovantes et start-up créatives, plusieurs pays, dont les États-Unis, le Canada et la France, ont présenté leurs projets en réalité virtuelle à travers une série de projections.

Dans tous les grands festivals de cinéma, la réalité virtuelle se montre. Des films se créent. « Tribeca et Sundance sont des références », signale Michel Reilhac, pionnier de formats de récits hybrides et d’expériences immersives, participatives et interactives. Réalisateur de cinéma virtuel (il a signé Viens ! ) , il est le directeur artistique du Paris virtual film festival dont la première édition, en juin prochain, présentera sept œuvres françaises. 90 casques de réalité virtuelle seront disponibles pour le grand public.

À Cannes, le Centre national du cinéma a ouvert un débat sur cette « nouvelle frontière du cinéma ». Pour la réalisatrice Céline Sciamma ( Tomboy, Bande de filles ), présidente de la commission Nouveaux médias du CNC, « l’arrivée de la réalité virtuelle provoque un effet de sidération similaire à celle du cinéma. Il y a une vraie dynamique du spectaculaire avec cette technologie ».

Le réalisateur Fouzi Louahem évoque une expérience choc, « semblable à celle éprouvée par les spectateurs avec les premiers films des Lumière ». Il a signé, en coproduction avec Arte, un film en 360° sur le tournage du film en compétition de Bruno Dumont,Ma Loute. On y est au cœur même du plateau, entre la caméra et les acteurs. Tourné à l’aide d’un dispositif de 12 caméras assemblées et de 10 sources sonores, ce film est le premier film d’une série intitulée Jours de tournage.

Tous les regards des producteurs et réalisateurs sont tournés vers l’exploitation et le développement de ce nouveau cinéma en réalité virtuelle, et si possible en 3D stéréoscopique, la fois à 360° et en 3D. Avec lui tout est à réinventer : l’écriture, la narration, la mise en scène, la production. Un nouveau monde s’annonce.

Related post

Comment(0)

Laisser un commentaire